L’anniversaire de la légalisation récréative du cannabis au Canada aura lieu le 17 octobre, à quelques jours seulement avant les élections fédérales. La légalisation est une promesse de campagne libérale depuis les dernières élections, il convient donc de revoir la façon dont elle a été rédigée.

Les consommateurs, bien sûr, aiment la légalisation. Statistique Canada vient de signaler que les ventes de loisirs en juillet ont atteint 104 millions de dollars. Les politiciens l’apprécient apparemment aussi, car il s’agit d’une promesse électorale que les libéraux ont tenue et qu’aucun autre parti n’a l’intention de révoquer.

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Augmentation des ventes légales

Une étude financée par le gouvernement en 2018 a estimé la consommation totale de cannabis au Canada à environ 926 000 kg par année, soit environ 77 000 kg par mois.

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Santé Canada signale qu’en juin 2018, alors que seul l’usage médical était légal, les producteurs autorisés ont vendu 2 151 kg de cannabis sec et 4 652 litres d’huile de cannabis. Cela représente environ 9 % de la demande nationale.

En juin 2019, en comparaison, les ventes médicales et récréatives légales ont totalisé 9 976 kg d’huile sèche et 9 614 litres d’huile. Cela représente environ 26 % du marché. Par conséquent, les ventes légales ont pratiquement triplé. Mais les ventes illégales sont toujours majoritaires.

D’autre part, StatCan semble plus optimiste. Votre recherche demande aux utilisateurs s’ils achètent au moins une partie de la marijuana légalement. Il a estimé que ce chiffre était de 47 %, soit 2,5 millions de Canadiens, au premier trimestre de 2019. Cela représente beaucoup plus de 23 %, soit 954 000 personnes, au premier trimestre de 2018.

Malheureusement, ces estimations ne sont pas vraiment plausibles. Les seules personnes qui ont pu acheter légalement de la marijuana en mars 2018 étaient les 296 702 patients enregistrés de Santé Canada. Et seulement 132 975 l’ont fait. Cela signifie que les estimations de StatCan sont trois à sept fois plus élevées.

Douleurs de croissance

L’une des raisons pour lesquelles les ventes légales n’ont pas eu de meilleurs résultats est le manque de détaillants dans certaines régions. La Colombie-Britannique et l’Ontario ont été particulièrement lentes à ouvrir les magasins.

La pénurie de produits posait des problèmes plus importants. Bien qu’il y ait beaucoup d’huile, jusqu’à récemment, les producteurs n’avaient pas traité suffisamment de produits secs. De plus, les aliments frais, les boissons, les vapes et les lotions ne sont pas encore disponibles.

Ces lacunes sont des effets secondaires prévisibles de la stratégie de légalisation du gouvernement. Il a choisi une approche pharmaceutique réglementée plutôt que l’approche plus pratique que de nombreux États américains ont utilisée.

Cette approche pratique présente toutefois plusieurs inconvénients. Les anciens producteurs du marché noir n’accordent pas toujours la priorité à la sécurité des consommateurs. Certains auraient falsifié leurs tests de laboratoire Iais. Près de 80 % des villes californiennes ont interdit les magasins de cannabis sous licence d’État. Mais l’approche pharmaceutique a ses propres inconvénients. Des normes strictes empêchent les cultures existantes de devenir légitimes. Au contraire, elles restent illégales et font baisser les prix des producteurs légaux.

Pendant ce temps, les producteurs légaux ont besoin de temps pour construire des installations et acquérir de l’expérience. Cela garantit presque la pénurie initiale de produits. Il est compréhensible que les fédéraux aient choisi l’approche réglementaire lourde.

Rotation de la tête

Dès janvier, le ministre de la Sécurité frontalière, Bill Blair, se vantait invraisemblablement que l’approvisionnement en cannabis était » adapté  » et » dépassé la demande existante  ».

Cela s’est produit bien que les données gouvernementales indiquent que la production légale répondait à moins d’un cinquième des besoins canadiens en cannabis ce mois-ci. Un magasin Terra Nova a fermé ses portes en raison de la rareté.

En mars, les porte-parole de Santé Canada ont déclaré de la même manière qu’il n’y a pas de pénurie nationale, comme certains l’ont suggéré. C’est alors que la pénurie a fait fermer les magasins du Québec trois jours par semaine et a empêché des centaines d’ouvertures de magasins en Alberta.

Ces allégations prématurées n’ont fait qu’accroître les frustrations ressenties par les détaillants et les consommateurs. Cependant, d’autres critiques du gouvernement semblent frivoles.

Source : La conversation